La tour de Babel

La tour de Babel

Selon la bible, au commencement Dieu créa le ciel et la terre, il créa les végétaux, les animaux et enfin l’être humain, homme et femme qu’il façonna à son image. Puis la première faute fut commise obligeant Adam et Eve à quitter le jardin d’Éden pour les souffrances et le labeur de la vie terrestre. Leur descendance peupla la terre mais, au bout de plusieurs générations, Dieu contempla la méchanceté des hommes et se repentit de les avoir créé, il voulut alors les effacer de la surface du sol. Seul Noé était juste à ses yeux et il décida de l’avertir du déluge à venir pour qu’il puisse bâtir une arche capable de le sauver, lui et les siens ainsi qu’un couple de chaque créatures terrestres. Suite au déluge, les enfants de Noé repeuplèrent la terre. En ces temps, les hommes formaient un seul peuple et ne parlaient qu’une seule langue, celle héritée de leur ancêtre Adam, le langage adamique. C’est à cette période qu’apparaît le mythe de la tour de Babel :

Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Shinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. Allons ! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre.

Genèse 11, 1-9
Édition Louis Segond

 

Dans ce passage, la construction de la tour est généralement interprétée comme l’expression de l’orgueil des hommes cherchant à se faire un nom, à toucher le ciel pour détrôner Dieu. En multipliant les langages, l’Éternel interdit l’échange d’information entre les bâtisseurs et arrête de ce fait la construction en cours. L’homme est ainsi divisé en autant de tribus que de dialectes et se disperse aux quatre coins du monde.

Pourtant, l’unification des peuples dans un même projet, l’échange d’information, de connaissance et de savoir-faire par le biais d’un langage unique, le rassemblement des intelligences humaines dans une construction commune reste une bonne chose. En partant du principe que Dieu est juste dans ses jugements et dans ses actes, c’est alors la vanité et l’arrogance des hommes qui sont la cause de leur division et de l’avortement de leur projet. Pour poursuivre ce chantier et terminer ce travail, l’homme doit dépasser l’esprit qui animait cette première Babel et se rassembler à nouveau non pour se faire Dieu, mais pour se rapprocher de l’idéal qui met en mouvement sa pensée.

Dans le dessin, les structures de la tour sont massives à sa base et de plus en plus aériennes à mesure que celle-ci s’élève. Elle se termine par des sphères en lévitation qui se confondent avec les astres du ciel. Je représente par cette image l’élévation de l’homme quittant le poids de la gravité terrestre pour accéder au vaste cosmos.