L'étoile : lutter avec soi-même

Etoile

Au triangle de la dialectique répond un autre triangle formé par les deux grandes ailes et par la pointe basse du tissu formant le trône de la Déesse. Ces deux triangles forment l’étoile à six branches, l’étoile de David symbole d’Israël. Parmi toutes les traductions possibles du nom Israël, j’ai retenu « Celui qui a lutté avec Dieu ». Pour comprendre cette dénomination, il faut remonter au passage de la Genèse qui décrit comment le troisième patriarche Jacob fut renommé Israël après avoir lutté toute une nuit avec un inconnu.

Jacob demeura seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, cet homme le frappa à l’emboîture de la hanche ; et l’emboîture de la  hanche de Jacob se démit pendant qu’il luttait avec lui. Il dit : Laisse-moi aller, car l’aurore se lève. Et Jacob répondit : Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. Il lui dit : Quel est ton nom ? Et il répondit : Jacob. Il dit encore : Ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël ; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été vainqueur. Jacob l’interrogea, en disant : Fais-moi je te prie, connaître ton nom. Il répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Et il le bénit là. Jacob appela ce lieu du nom de Peniel : car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée.

Genèse 32, 24-31
Édition Louis Segond

 

Ce passage raconte comment Jacob devint Israël, père des douze tribus d’Israël qui constituent le peuple hébreu. Cette histoire a inspiré de nombreux artistes, peintres, sculpteurs et poètes tel Victor Hugo pour qui cette scène représente l’individu pris dans une lutte nocturne avec sa conscience :

Insomnie. Les contemplations.

« Et l’ange étreint Jacob, et l’âme tient le corps ;

   Nul moyen de lutter, et tout revient alors, »

L’an neuf de l’Hégire. La légende des siècles.

« Souvent, comme Jacob, j’ai la nuit, pas à pas,

   Lutté contre quelqu’un que je ne voyais pas, »

Ces poèmes évoquent le combat de Jacob comme la métaphore de l’homme en proie à son insomnie, à ses questionnements, ses remords et ses doutes, de l’homme en lutte avec lui-même. C’est pour ma part l’interprétation que je place dans l’étoile présente dans mon dessin. Elle est le symbole du combat difficile que nous menons avec des choses invisibles, avec nos idées, nos croyances ou nos convictions. Ce combat nous empêche parfois de trouver le sommeil, on cherche souvent à l’éviter mais il est nécessaire pour se transformer (se renommer) et construire un édifice stable.