Humanité : tous les peuples

Pour passer d’une Proto à une Néo-Babel, il faut donc surpasser l’orgueil primitif qui nous anime. Les hommes doivent délaisser leur prétention à se prendre pour des dieux pour redevenir des hommes au milieu des autres hommes.

Dans mon dessin, l’unification des peuples est symbolisée par la tour de Babel. Cette histoire fait parti de la Genèse contenue dans le Pentateuque ou Torah ; à ce titre, ce récit est commun aux trois religions du Livre c'est-à-dire judaïsme, christianisme et islam. Dans l’idée d’un rassemblement de tous les peuples, je voulais pouvoir intégrer à la composition des symboles extérieurs à la tradition Biblique et Coranique pour y inscrire une gamme plus large des spiritualités de notre monde.

Ahura Mazda

Les grandes ailes de chaque coté de la Déesse sont inspirées de la figure d’Ahura Mazda, dieu de la mythologie persane que le prophète Zoroastre a érigé au rang de Dieu suprême six siècles avant notre ère, faisant ainsi de ce culte une expression de foi monothéiste. Ces ailes représentent la sagesse et le raffinement de l’ancienne Babylonie d’où émerge la grande ville de Babylone.

La Déesse possède sur son front le troisième œil, représentation orientale de la contemplation des choses invisibles, d’un sixième sens permettant la perception de ce qui est caché aux yeux de chair.

D’une manière beaucoup plus personnelle, mon dessin a été très influencé par la culture japonaise du manga. Parfois de manière inconsciente, j’ai développé ma perception de la technique en noir et blanc sur les pages de ces bandes dessinées. J’ai dernièrement réalisé que l’expression Néo-Babel était certainement issue du Néo-Tokyo dans lequel se déroule l’action du manga Akira. Plus qu’un symbole présent dans la composition, ce dessin porte dans ses traits une influence asiatique.

Par le biais de toutes ces choses, j’ai voulu dire que mon inspiration était multiple et que la sagesse n’était pas la propriété d’une culture ou d’une société. Se croire supérieur, penser que l’on possède la vérité, c’est se couper du dialogue qu’on pourrait avoir avec les autres, c’est rester dans la non-communication et l’inachèvement de la Proto-Babel. L’unification des hommes n’est pas la domination d’un peuple sur les autres mais bien l’apport de chacun dans sa singularité.